Études

L’idée d’un travail artistique à partir d’une exploration sociologique et historique d’un torrent à la fois ami et bourreau des hommes le côtoyant a germée à Fontaine (38) de mon travail d’atelier.
La rivière est vue comme métaphore, un miroir pour décoder des temps complexes et répondre aux questions « Qui suis-je ? D’où je viens ? Où je vais ? » Avec à la fois un décalage serein et l’inhabituelle présence d’éléments distants mis sur un même plan à cause de leur proximité avec le cours d’eau et sa mythologie.
La vie du torrent révèle une réalité vécue et des futurs possibles. La rivière qui file entre les rochers à des choses à nous dire, comme les couches d’éléments collés pour faire un seul produit composite : de la nanotechnologie sur la presqu’ile du Drac; comme le patchwork des communautés multiculturelles de Fontaine, Saint Bruno ou Pont de Claix… Le long du fleuve et de ses rives, les signifiants appellent à une recherche de métadonnées, de corrélations et de paraboles pour décoder la réalité ; Sans pour autant confondre l’un et l’autre.
Une réalité particulière : un torrent dompté, sa vie et l’histoire des populations vivant sur les berges -notre propre histoire.  Un travail artistique ancré dans une réalité historique.

 

Qu’il y ait ou non besoin d’une forme matérialisée pour qu’une œuvre existe, l’image et la représentation sont aujourd’hui incontournables dans nos vies quotidiennes occidentales et même au-delà de ces frontières. Nous, spectateurs, ne pourrions y échapper qu’en vivant dans un coin reculé et désertique avant que ne soit inventé un nouveau mode de projection, depuis l’espace par exemple, auquel personne ne puisse alors se soustraire.

 

Ink on paper, 38x72cm

Je travaille sur ces images qui nous arrivent par hasard parce qu’elles se trouvent sur des routes, réelles ou virtuelles, que nous empruntons dans notre quotidien. Que véhiculent- elles de raison et d’émotions ?

Par un travail de déconstruction et de déplacement j’essaye, dans ma composition, d’appréhender et de transmettre une idée de cette réalité portée.

Dans cette série, je réagis aux images, parfois insoutenables, qui nous arrivent. Elles nous sont tout simplement dévoilées lorsque nous inscrivons le mot SYRIE dans un moteur de recherche. Une fois sur notre rétine, véhiculées par le nerf optique, parfois par-delà notre conscience, elles font partie de ce que nous devenons et de ce que nous sommes.